Les impayés de loyer représentent la première crainte des propriétaires bailleurs. Pourtant, la majorité des situations peuvent être évitées avec une bonne sélection du locataire et des mécanismes préventifs simples.
1. Sélectionner le bon locataire dès le départ
Vérifier la solvabilité
La règle des 33% (ou 3 fois le loyer) reste la norme : les revenus nets du locataire doivent représenter au minimum 3 fois le montant du loyer charges comprises.
Documents à demander :
- 3 dernières fiches de paie (ou attestation employeur)
- Dernier avis d'imposition
- Contrat de travail (pour évaluer la stabilité)
- Relevé d'identité bancaire
Pour les travailleurs indépendants, demandez les 2 derniers bilans comptables et le dernier avis d'imposition. Pour les étudiants, exigez une caution solidaire (parents).
Vérifier les antécédents locatifs
Demandez les 3 dernières quittances de loyer du précédent bailleur. Si le locataire ne peut pas fournir de quittances régulières, c'est un signal d'alerte.
Vous pouvez également contacter l'ancien propriétaire (avec l'accord du locataire) pour vérifier qu'il n'y a pas eu d'impayés ou de litiges.
⚠️ Attention à la discrimination
Vous ne pouvez pas refuser un dossier en raison de l'origine, du sexe, de la situation familiale, du handicap, ou de l'orientation sexuelle. La discrimination au logement est passible de 3 ans d'emprisonnement et 45 000€ d'amende.
2. Exiger une garantie solide
Garantie Visale (gratuite)
Si votre locataire est éligible (jeune de moins de 31 ans, salarié en mobilité), la garantie Visale est idéale : gratuite et couvrant jusqu'à 36 mois de loyers impayés.
Caution solidaire (personne physique)
Exigez une caution solidaire, de préférence un ascendant (parent) ou un proche stable financièrement. Vérifiez également la solvabilité de la caution (revenus, avis d'imposition).
Important : La caution doit signer l'acte de cautionnement en même temps que le bail. Une caution ajoutée après coup n'a aucune valeur juridique.
Assurance GLI (Garantie Loyers Impayés)
Pour les locataires sans garantie Visale ni caution solide, souscrivez une GLI. Coût : environ 3% du loyer annuel. L'assurance couvre les impayés et les frais de contentieux.
3. Mettre en place le prélèvement automatique
Le prélèvement automatique réduit drastiquement les risques d'oubli de paiement. Proposez cette option dès la signature du bail.
Avantages pour le locataire :
- Pas de risque d'oubli
- Pas besoin de faire un virement chaque mois
- Historique de paiement régulier pour futurs bailleurs
Bien que vous ne puissiez pas l'imposer légalement, la plupart des locataires acceptent volontiers cette facilité une fois les avantages expliqués.
4. Instaurer un système de rappel automatique
Mettez en place des rappels automatiques quelques jours avant l'échéance du loyer. Cela permet de prévenir les oublis involontaires et montre votre professionnalisme.
Quitta Pro automatise ces rappels : le locataire reçoit un email ou un SMS 3 jours avant l'échéance du loyer. Simple, efficace, et vous gardez la preuve en cas de litige futur.
5. Communiquer dès le premier jour de retard
Ne laissez jamais passer un retard sans réagir. Envoyez une relance amiable dès J+1. Un simple email ou SMS suffit pour les premiers jours.
Exemple de message :
"Bonjour [Prénom],
Je constate que le loyer du mois de [mois] n'a pas encore été réglé.
S'agit-il d'un simple oubli ? Merci de régulariser dans les meilleurs délais.
Cordialement,
[Votre nom]"
Un contact rapide permet souvent de résoudre un simple oubli avant qu'il ne devienne un problème récurrent.
6. Identifier les signaux d'alerte
Certains comportements doivent vous alerter :
- Retards récurrents : même de 2-3 jours, c'est un signal
- Paiements partiels : "je paie la moitié maintenant, le reste la semaine prochaine"
- Excuses répétées : changement de banque, problème technique, chèque perdu...
- Communication fuyante : ne répond plus aux messages
- Demandes répétées de délais : "juste ce mois-ci, promis"
Dès que ces signaux apparaissent, passez à une communication plus formelle (lettre recommandée) et envisagez d'activer vos garanties.
7. Rédiger un bail complet et clair
Votre bail doit inclure :
- Clause résolutoire : résiliation automatique en cas d'impayé
- Pénalités de retard : maximum 10% du loyer par mois de retard
- Date de paiement : précise (ex : "le 1er de chaque mois")
- Modalités de paiement : virement, prélèvement, chèque
- Coordonnées bancaires : RIB joint au bail
Un bail clair prévient les malentendus et facilite les procédures en cas d'impayé.
8. Délivrer systématiquement des quittances
Même si le locataire ne les demande pas, envoyez une quittance de loyer chaque mois. Cela crée un historique de paiement indiscutable en cas de litige.
Quitta Pro génère automatiquement les quittances et les envoie par email au locataire. Vous gardez ainsi une trace horodatée de tous les paiements.
9. Maintenir une relation professionnelle mais humaine
Un locataire qui se sent respecté et écouté aura tendance à privilégier le paiement du loyer en cas de difficultés temporaires.
Bonnes pratiques :
- Répondez rapidement aux demandes de réparation
- Soyez disponible en cas de problème
- Restez courtois même en cas de retard de paiement
- Proposez un échéancier si le locataire traverse une passe difficile temporaire
Un locataire satisfait restera plus longtemps et paiera plus régulièrement qu'un locataire en conflit permanent avec son propriétaire.
10. Accepter un échéancier en cas de difficulté ponctuelle
Si votre locataire traverse une difficulté passagère (perte d'emploi temporaire, maladie, etc.) et qu'il a toujours payé régulièrement jusqu'ici, envisagez un échéancier de paiement.
Conditions pour accepter un échéancier :
- Historique de paiement impeccable avant l'incident
- Situation financière temporaire (justificatifs à l'appui)
- Plan de remboursement réaliste (6 mois maximum)
- Formalisation par écrit (avenant au bail ou courrier signé)
Un échéancier bien encadré vous permet de récupérer vos loyers sans engager de procédure coûteuse et longue.
⚠️ Attention
Ne multipliez pas les échéanciers. Un seul échéancier par locataire, et uniquement si la situation est vraiment temporaire. Au-delà, passez à la procédure légale.
Que faire malgré tout en cas d'impayé ?
Malgré toutes ces précautions, un impayé peut survenir. Dans ce cas, suivez la procédure légale décrite dans notre guide complet de gestion des impayés :
- Relances amiables (J+1 à J+7)
- Mise en demeure par LRAR (J+8 à J+15)
- Activation des garanties (Visale, GLI, caution)
- Commandement de payer par huissier (J+30)
- Procédure judiciaire si nécessaire
Automatisez votre gestion locative
Quitta Pro automatise les rappels de loyer, génère les quittances, et vous alerte dès le premier jour de retard. Prévenez les impayés avant qu'ils ne surviennent.
Essayer gratuitementQuestions fréquentes
Puis-je refuser un locataire bénéficiaire du RSA ou de l'APL ?
Non, vous ne pouvez pas refuser un locataire uniquement en raison de sa source de revenus (RSA, APL, etc.). C'est discriminatoire et passible de sanctions. En revanche, vous pouvez vérifier que les revenus totaux (y compris aides) couvrent 3 fois le loyer.
Le prélèvement automatique est-il obligatoire ?
Non, vous ne pouvez pas imposer le prélèvement automatique au locataire. C'est illégal. En revanche, vous pouvez fortement le recommander et expliquer les avantages (pas d'oubli, régularité).
Combien de temps garder les justificatifs de revenus du locataire ?
Vous devez détruire tous les documents d'identité et justificatifs de revenus dès la signature du bail (ou après rejet du dossier). Les conserver constitue une collecte excessive de données personnelles.